Bonjour on peut faire une collaboration ?

Cela faisait un moment que je n'avais rien écrit, je marche au coup d'humeur et donc rien n'est préparé à part mon ressenti sur un sujet à l'instant T.

 Une question revient souvent, enfin plutôt le déroulement de la question se passe toujours pareil, en gros on me contacte pour me dire que mon travail plait, ça me touche, que cette personne souhaite absolument bosser avec moi, ça me fait encore plus plaisir mais lorsque je lui donne mes tarifs, c'est souvent la surprise, oui on part toujours du principe que la photographie n'est pas un métier lorsque l'on a pas une renommée nationale ou internationale, qu'il est donc évident que l'on travaille gratuitement.

Lorsque que j'explique que je travaille en collaboration avec des modèles qui apporte un plus à mon portfolio, la personne le prend mal, se vexe et mon travail n'est plus si intéressant que cela.

 Il est évident que lorsque je fais une collaboration, j'y vois aussi un interêt pour montrer mon travail et avoir une visibilité sur une esthétique que je défend, si la personne n'a pas ce que je recherche, il y a rien qui m'oblige à travailler avec à part à être une cliente.

 Je sais que la frustration du refus est assez insupportable, je le vis assez souvent quand je rêve de photographier une personne mais que la distance ou mes moyens ne le permette pas! J'en prend acte et je continue d'avancer.


 Je suis quelqu'un d'ouvert à la discussion, sans jugement de valeurs et je ne critique en aucun cas votre physique ou votre potentiel de modèle mais je sais ce que je cherche, le temps étant une denrée rare et les factures ne se payant pas par collaboration ( même si ça serait plutôt pratique ), je dois faire des choix et des concessions.

Dites vous que la meilleure des façon de montrer que vous aimez mon travail, est de m'aider en me donner du travail dans la photographie et m'aider à développer tout ça, par le fait de parler de ce que je fais, d'acheter mes tirages photographiques voir de me passer une commande pour un shooting photo! Avec Noël qui approche cela peut être une belle idée cadeau et une aide pour que j'avance dans cette voie.

Bonne fête à tous et continuez de faire vivre l'art et les artisans/artistes.

 Le nu et le feminisme, est-ce compatible ?

Je vais vous raconter la genèse de cet article, un soir vers 1h30 du mat', posé dans mon lit à faire défiler l'actualité de la timeline Facebook, je vois qu'une de mes contacts a posté un article à propos de l'affaire "Je te fais un bisou sur les seins puisque tu as dit non sur la bouche" dans l'émission, Touche pas à mon poste. L'erreur de mon amie aura été de mettre son post en public… Et là, c'est le drame : quand les gens donnent leur avis en masse, ça dérape toujours très vite. La culture du viol applaudie des deux mains par de nombreuses personnes. Finalement quand on y pense c’est assez représentatif de la société.

 Je ne suis pas du genre à intervenir sur ce genre de débats qui créent toujours la polémique mais là c'était insupportable pour moi de voir ce genre de propos, sans une résistance argumentée en face.


 Mince mais il va nous endormir à nous parler de féminisme ? Alors non, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous vendre le féminisme mais essayer de faire un rapprochement avec la photographie, car dans ce genre de débats, quand les arguments manquent et que la pensée est étroite, on dérive vite sur les attaques personnelles:

"le féministe qui a pratiquement que des photos de filles nues sur son profil, ça me fait doucement sourire".

 Je me suis dit qu'il était étrange d'opposer féminisme et nudité mais c'est là que j'ai un peu compris la vision assez étroite de ceux qui s'opposent aux féministes, pour eux le féministe ce n'est pas l'égalité, ce n'est pas se battre pour ses droits, le respect, la morale, le bien-être, non du tout, derrière ce mot ils voient l'enfermement de la femme derrière des codes d'une époque où la femme était invisible et silencieuse.

 Il est évident qu'avec ce schéma de pensée, comment les femmes peuvent oser avoir l'envie de faire de la photographie, de s'approprier leur corps à travers le nu ou la lingerie, de montrer leurs formes, seins, jambes, fesses, hanches sans se voir coller une étiquette de "pute" ou qui "mérite de se faire violer".

Est-ce compatible de faire du nu et défendre les droits des femmes?
 Il est évident que la réponse est oui, et plus encore, il faut le faire pour reprendre le contrôle sur son propre corps et ne pas laisser la société encore fortement patriarcale décider de ce qui doit être vu ou non chez une femme. Les commentaires dégradants que vous pouvez lire pour une femme qui assume son corps et ce qu'elle veut en montrer ne seront jamais comparables à un homme posant nu ou mettant en avant son corps.

 D'un côté, la femme sera mise plus bas que terre, on lui fera comprendre que dans cette société elle n'a pas droit à la liberté de jouir de son corps et de l'autre, l'homme sera mis en avant et applaudi pour se montrer et créer le désir, l'envie. J'ai fait le tour des photographies visibles sur Facebook, cette différence entre hommes et femmes est vraiment incroyable et terrifiante.

 Le pire est de ce rendre compte que même certaines femmes défendent cette culture du viol et de dominance, une soumission volontaire ancrée dans leurs esprits. La société évolue toujours plus lentement que les prises de conscience (alimentation, écologie, sexisme…), c'est donc à nous de remettre tout ça en question, de bousculer les normes imposées et de ne jamais laisser passer le sexisme ordinaire, qui banalise cette culture du viol.

 Et vous, pensez vous que le nu doit faire parti de la culture de liberté et d'égalité entre hommes et femmes, ou est-ce qu'une femme ne se "respecte" pas quand elle fait cela, votre avis m'intéresse ! contact@jonathanaubry.fr

La photographie , l'art thérapie de la confiance en soi ?

Il y a différentes façons d'aborder la photographie, je vais m'intéresser dans cet article à l'art-thérapie , la photographie utilisée comme médium de prise de confiance en soi.
Le souci actuel de nos sociétés est de créer une frustration sur notre propre image en imposant un diktat de la beauté, on en est tous conscients et c'est cela qui conditionne et met en exergue nos complexes qui nous paralysent et nous empêchent de trouver une certaine forme de bien-être intérieur.

black room photography


Il y a différentes approches, mais nous allons nous arrêter sur celle que je met en place depuis quelques temps et qui fonctionne bien: être pris en photo par un photographe et se rendre compte de la beauté de son corps, à travers une séance de type portraits, mode ou lingerie. Le but est de se décharger le temps d'une séance photo de 2h à 3h, de toutes les pensées qui nuisent à votre épanouissement. C'est la démarche qui est difficile mais le côté ludique et créatif vous fait oublier votre appréhension. La séance de "Photo thérapie" est là pour:

  1. Vous montrer que vous êtes beau/belle, la beauté s'exprime différemment en chacun, il suffit de la révéler.
  2. Prendre confiance en soi face à quelqu'un et dévoiler son intime (même habillé, une photographie reste intime)
  3. Passer un moment agréable à construire un projet créatif tout en étant ludique, cela stimule votre envie de création et de dépassement de soi.
  4. Cette confiance en soi, de son image, permet de rejaillir sur votre quotidien, dans votre vie personnelle et professionnelle.
  5. Prendre conscience de troubles sur votre identité pour les dépasser et commencer une reflexion sur comment mettre en place des clés pour avancer. 

    Pour toutes informations sur une séance de photo-thérapie mon mail : contact@jonathanaubry.fr

La relation modèle et photographe, l'essence même d'une belle photographie ?

Qu'est-ce qu'une belle photographie ? On dit souvent que c'est un mélange subtil entre une idée et la technique maitrisée... Et si la relation entre le photographe et le modèle était l'essence même d'une photographie d'émotion?

On me demande souvent si, lorsque je photographie une modèle, celle-ci est à l'aise face à moi? Comment elle outre-passe ses peurs, ses complexes. La réponse n'est pas évidente mais on a tous cette appréhension. Que ça soit pour moi-même ou la personne que je photographie, être à l'aise n'est pas un exercice évident.

Il faut déjà définir le cadre de cette relation, ce n'est pas une personne qui offre son corps face à un photographe s'effaçant devant l'esthétique de son modèle, bien souvent il y a une relation de confiance qui s'instaure avant. Il s'agit de partager sa vision de la photographie et tenter de se retrouver sur une ligne artistique pour que le jour J, il y ait une harmonie dans le rendu de la prise de vue. Bien souvent cette relation, qui peut se voir comme une amitié artistique, se ressent dans les photographies, on ne peut pas tricher et c'est d'autant plus vrai pour les photographies de portraits. Capter l'âme d'une personne ce n'est pas donné à tout le monde, d'où le concept de muse.


«Une muse est une personne qui participe au déclenchement de l’inspiration poétique ou artistique autrement dit du désir ; le désir de créer et le désir au sens propre, et c’est pourquoi certains artistes accordent un tel statut à leurs muses» - Vannina Micheli-Rechtman, psychiatre

C'est un sujet intéressant, car certains verront la photographie comme un médium pour être connu, avoir une visibilité ou une jolie image alors que d'autres auront un regard plus artistique avec une démarche créative qui passe avant le modèle et le photographe.
C'est un débat pour l'instant sans réponse qui tourne en rond dans ma tête, mais je pense trouver dans chaque modèle que je photographie le fragment d'une muse pour en sortir le désir d'une création artistique. Personnellement, j'ai besoin d'avoir des frissons, de ressentir des émotions quand je fais de la photographie.

Il faut par contre accepter qu'un projet artistique, parfois, n'aboutit pas car le rendu n'est pas là, la relation entre modèle et photographe n'ayant pas été optimale pour inspirer le désir de création.

Comment voyez-vous la photographie: un simple objet ou l'envie d'y voir une création artistique ? Pour vos retours, mon mail: contact@jonathanaubry.fr :)

L'envie d'être reconnu, mais pourquoi ?

Quand J'ai commencé la photographie, il y a déjà un moment de cela, je me cherchais et j'avais cette appréhension de montrer mon travail, que je trouvais totalement inintéressant mais j'avais déjà cette envie d'être reconnu pour ce que je fais, pour ce que je crée, l'image que je renvoie.

 Tant les personnes qui me donnent à un instant T leur image, que moi même , nous sommes dans une quête de recherche de soi et d'une reconnaissance pour ce que nous somme , ce que l'on fait. Selon les personnes, à différent niveau. Mais il est agréable de voir que des gens prennent le temps de discuter avec moi, pour la photographie, que l'on parte dans des débats, finalement cela donne l'impression que sa voix à du poids, et porte sur un sujet, la photographie pour moi.

Intime room


 Maintenant que j'ai trouvé je pense, mon style, j'ai besoin de cet échange entres passionnés, que mon travail touchent les gens, les interpellent, leur donnent envie de faire de la photo et mieux encore, de me proposer de travailler pour eux ou de poser pour moi.

 Il n'y a vraiment aucune prétention à vouloir plaire ou que mes créations plaisent, ça montre que ce que je fais à du sens, d'avoir des retours, même négatifs, ça permet une évolution dans la démarche artistique.

 J'ai longtemps eu du mal à me dire photographe, ou artiste , à part pour des travaux dit "alimentaire" mais maintenant avec un peu plus d'assurance, je peux être fier de le dire, de ne pas me cacher.

 Les modèles qui posent pour moi sont souvent un miroir de mes angoisses, la perte de confiance de soi, la peur de ne pas plaire, de ne pas être jolie, de ne pas oser, tant d'élément qui se retrouve dans mon cheminement et leurs réactions me parlent et me font vibrer de vérité.


Alors finalement pourquoi être reconnu ? Est-ce narcissique ? surement oui, il y a un peu de ça mais je pense que pour ma part, c'est le plaisir que prennent les gens à regarder et commenter mon travail qui est la plus belle des reconnaissances ( peut être aussi quand on me propose de travailler sur de beaux projets :) ).

Pour conclure, je dirai, il faut oser, il faut tenter même si vous avez peur, car vous passerez à côté d'une jolie expérience de vie.

Un projet photo oui mais comment ça se passe ?

Un article , billet d'humeur car ces temps ci on me demande souvent comment se déroule une séance photo avec moi, certains ont l'air de trouver ça compliqué de contacter un photographe et doute de leur envie d'avoir de jolies photographies.

Déjà une chose, vous n'êtes pas moins bien qu'une autre, ni même que les modèles que je photographie, il n'y a pas qu'une beauté et l'esthétisme se trouve partout, il suffit de le révéler, ce que je fais en photographie. Il faut voir la séance photo comme une acceptation de soi, un thérapie pour se dire que oui, finalement, je suis aussi belle qu'une autre, je m'aime.. oui car nous vivons tous dans nos complexes et nos peurs et parfois oser faire le pas peut révéler de jolies choses cachées.

Intime room

Les étapes avant la séance photo, c'est simple, on voit ensemble sur quel style on part, l'ambiance, puis les tenues, le lieu et enfin quand tout ça est fait, on bloque une date.

Pendant le shooting photo, l'échange et la recherche d'idées est importante. On est deux, je dirige en quelque sorte mais ce que vous apportez est important. Tant que la pose , l'expression du visage que du décors.

L'après séance est le plus délicat, ça sera la patience du travail fait sur les photos, une fourchette de temps est donné lors du shooting photo mais ne vous inquiétez pas, prendre le temps de travailler les photos est importants.

Ce billet humeur est avant tout la pour dire qu'une séance photographique, c'est simplement un bon moment, il faut venir le coeur léger et profiter de faire de jolies photos.

Quand j'ai assisté à un petit crime conjugal au théâtre de la Porte d'Italie.

Ce soir je ne savais pas vraiment quoi faire, mais vraiment, à part peut être assister à un crime sous mes yeux curieux et avides d'histoires intimes.

Ce soir ce n'est pas un rendez-vous avec Hannibal Lecteur mais avec une pièce de théâtre dans un petit endroit niché sous des ramparts, le théâtre de la Porte d'Italie à Toulon.

 De la pierre et des acteurs, rien de plus pour une belle soirée avec des petits crimes conjugaux de Eric Emmanuel Schmitt. Je n'ai pas lu le livre, j'ai choisi cette pièce pour son thème et un peu par hasard, ce week-end je voulais et devais aller au théâtre et je n'ai pas été déçu.

 L'histoire d'un homme, qui après un choc violent à la tête, se reveille à l'hôpital sans aucun souvenir de qui il est et comment il s'est retrouvé dans ce lit d'hôpital. Sa femme tentera de lui faire recouvrir la mémoire mais avec cette sensation de dissimuler quelque chose, quelque chose d'inavouable. Cette histoire est un long cheminement sur la quête de soi, du couple. L'amour a toujours une facette obscure indissociable.

 On alterne avec la passion, le partage, la distance, la froideur.. et même la rupture, on assiste à tout ce que la vie de couple, à deux, nous confronte jusqu'à s'en prendre à l'autre. Les dialogues prennent une part importantes voir essentiels dans cette pièce de théâtre.

 « voilà la vie conjugale, une association de tueurs qui s'en prennent aux autres avant de s'en prendre à eux, un long chemin vers la mort qui laisse des cadavres sur la route »  

Un petit coup de coeur à revoir en septembre au théâtre de la Porte d'Italie.

Quand j'ai tenté de venger la mort de mon fils avec Leonardo DiCaprio

Je suis toujours déçu quand je vais au cinéma, non pas que les films soient mauvais mais je me dis, hum pour 11,50e j'aurai pu faire autre chose, c'est terrible car ça résume finalement mon seul sentiment à la donnée économique du film.. "est-ce rentable de voir ce film, ou non?".

En ce début d'année, j'avais déjà fait une belle découverte avec le huis-clos de Quentin Tarantino, Les 8 Salopards. Tout y était juste, du dialogue, à l'ambiance de plus en plus oppressante mais je ne suis pas là pour vous parler de ce film, mais de The Revenant de Alejandro González Iñárritu avec Leonardo DiCaprio.

 Ce film est une aventure brute, plus de deux heures trente d'une chasse à l'homme haletante à travers des décors froids et inhospitaliés de la grande conquête de l'Amérique par les colons.

 Ce périple en pleine nature semble infini, sans limite et pourtant j'ai la sensation de suffoquer avec ce personnage, ce père, ce trappeur, qui brave l'opinion publique hostile au métissage de son fils et cette nature qui ne lui fait aucun cadeau. 
 Les événements dans le film vont le pousser à vouloir se venger, une poursuite de sa proie.. mais le prédateur est aussi une proie, le serpent se mord la queue, cette sensation que toute cette trame est une fuite en avant qui va inévitablement s'écraser contre un mur, celle de la dure réalité.

Outre la prestation sans faute dont Leonardo DiCaprio est un habitué pour laquelle il a enfin eu l'oscar du meilleur acteur auquel on ne croyait plus. La prise de vue pour une immersion sensorielle est de toute beauté, aussi belle et froide que cette nature.

« Ne pense pas à ça. Ne vois pas trop loin. L'objectif de chaque jour, c'est le lendemain matin. »   

Une expérience à vivre seulement au cinema pour un plongeon les yeux fermés dans cette histoire.